Par principe, je ne clique jamais sur les liens youtube.com que l'on m'envoie, excepté lorsque je me délecte des articles d'Acide et Museau : l'interface est laide, il y a de la pub, et je n'ai jamais compris le principe consistant à fixer mon écran pour regarder de la musique.
Ceci posé, je me dois de vous avertir que les liens sur lesquels vous allez cliquer dans les minutes qui viennent vous feront pleurer des larmes de sang.
La raison qui m'empèche de dormir et me pousse à écrire en pleine nuit est la sortie en juin du troisième album de MGMT. C'est une putain de bonne nouvelle même si je n'ai absolument rien à dire sur ce groupe, personne n'étant d'ailleurs capable de citer le nom des deux gus. Une vague polémique avec l'UMP il y a quelques années, mais passons.
Ce qui importe, c'est que leur second album est une merveille qui a bercé mon année 2010. Jeune adolescent tout juste pubère, je découvrais le monde des grands par le biais de leur musique envoûtante et des sites pornographiques hardcore dont regorge Internet.
A mon sens, l'acmé de Congratulations, le deuxième album en question, était un long morceau pop intitulé Siberian Breaks et composé de différentes séquences n'ayant rien à voir les unes avec les autres : imparable et nettement plus ambitieux que les singles trop entendus du premier album.
Si t'es pas un peu défoncé, tu comprendras jamais le clip.
Si le paragraphe précédent avait été écrit par les Inrockuptibles, on y aurait trouvé les mots "foutraque", "séminal" et "symphonique". Ici, on est chez Acide et Museau, bordel !
J'aime bien la musique de MGMT parce qu'on y entend l'influence des plus grands et qu'elle est paradoxalement très novatrice. Quarante ans avant Siberian Breaks, les Beatles sortent Abbey Road dont le medley final continue à me trouer le cul lorsque je l'écoute. Ce truc génial devrait être enseigné dans les écoles même si les puristes préfèreront toujours se pignoler sur Revolver. Grand bien leur fasse, mais ne boudons pas notre plaisir et cliquons sur le lien ci-dessous.
Le deuxième mec en partant de la gauche avait parié ses pompes que le premier sur la droite droite n'oserait pas s'habiller en Pape avec la perruque de Sheila.
L'autre influence tutélaire de Siberian Breaks, c'est Love, bien sûr. En 104 caractères espaces compris, on peut dire que "Love est un groupe de loosers qui a sorti le meilleur disque de rock du monde en 1967 : Forever Changes". J'ai piqué le mot "tutélaire" à Télérama.
Qui n'a pas envie de fumer des spliffs en traînant sur Sunset Boulevard à l'écoute cette merveille ?
Le jour où les aliens débarqueront sur Terre et qu'on me confiera la mission de leur faire connaître la musique populaire de la seconde moitié du XXème siècle, je puis vous assurer que je leur foutrai Forever Changes et la deuxième face d'Abbey Road dans le fondement.
J'espère vraiment que les mecs de MGMT n'ont pas le cerveau trop crâmé par les drogues et que leur prochain album me permettra de redevenir jeune le temps d'un été.

