Coucou les kids !
Alors que nous dînions frugalement d'un maxi bucket pour 8 personnes au KFC de Pantin, le Thin White Plouc me fit cette confidence troublante : « Tu vois Gillian Gilbert de New Order ? Elle a une pure tronche de cul, n'est-ce-pas ? Et bien elle me fait carrément bander. Je lui collerais volontiers une cartouche dans l'usine à Suchard ». Avant d'ajouter, un sobre mais non moins efficace : « Je te laisse, je vais poser une pêche ».
Et notre célèbre chroniqueur de disparaître de longues minutes, me laissant perdu dans mes pensées : « Tiens, c'est vrai », me dis-je en son absence, « Pourquoi diable ne pas alimenter notre blog bien aimé d'un article bien senti sur ce mystère jamais élucidé : qu'est-ce qui fait qu'un tromblon lambda devient baisable dès lors qu'il appartient à un groupe de rock ? »
Dignité de la femme
J'en vois déjà s'étrangler et hurler au sexisme ou invoquer je ne sais quelle connerie du genre dignité de la femme et compagnie... Ouh la laaaa, c'est bon, on se détend. L'idée ici n'est pas de manquer de respect à qui que ce soit, et encore moins aux femmes (ma mère est une femme, ma femme aussi). Il s'agit plutôt d'offrir à nos lecteurs un tour d'horizon de ces nanas que mon ami Dubarne ne « toucherait même pas avec un panier plein de queues », s'il les croisait au boulot ou dans la rue, mais que la pratique de la chose rock rend mystérieusement poutrables.
Patti Smith
Voici l'exemple type. Patti Smith est sûrement plus moche que votre propre mère (c'est dire). Elle s’attife comme une conne altermondialiste, a du poil partout et, je n'ai pas vérifié mais je suis à peu près sûr qu'elle pue de la gueule. Cerise sur le gâteau : elle louche ! Le tableau étant posé, vous vous dites : « qu'est-ce que cet abruti de Merlaunay va encore trouver pour nous faire avaler sa couleuvre ? »
Et bien figurez-vous que par la grâce d'un Robert Mapplethorpe (vous googeuliserez si vous ne connaissez pas), ce pur tromblon, icône rock s'il en est, est à tomber par terre sur des clichés seventies qui transpirent le foutre, l'héroine et le rock'n'roll. Attention : je vous parle ici de Patti Smith circa 1975. En 2013, ma démonstration ne tient plus.
Patti n'a pas toujours ressemblé à la sorcière de Blanche Neige. On ne voit pas ses aisselles et c'est dommage.
Christine McVie
Dans la seconde mouture de Fleetwood Mac, il y avait deux femmes. Les queutards ont tous en mémoire le joli minois de Stevie Nicks, certes très belle mais un peu trop pour être honnête. A l'ombre du canon californien il y avait cette grande gigue anglaise avec un gros tarbouif. Jamais vous ne vous seriez retourné sur son passage, contrairement à l'autre. Trente ans plus tard, vous vous dites en contemplant les photos d'époque : « putain elle chie la classe avec ses jupes seventies et ses grandes bottes en cuir... »
Et puis vous écoutez You Make Loving Fun, chanson composée par ses soins issue de l'autoroute Rumours, et vous finissez de vous convaincre que la sensualité et le sex appeal chez Fleetwood Mac ne sont pas nécessairement incarnés par la personne que tout désigne pour endosser cette charge. Puisqu'on est entre nous je vous le dis d'ailleurs sans rougir : j'aurais aimé avoir une aventure avec Christine. Ça n'a pas pu se faire et c'est comme ça.
Alison Statton
Pour les plus pointus, on invoque le souvenir d'une apparition aussi fugace que fragile : la trogne d'une adolescente anglaise à frange, un brin mutine et vaguement quelconque. Le genre de nana discrète, presque asexuée sur laquelle vous redoutiez de tomber lors des voyages en Angleterre au collège : « Putain Merlaunay, la tronche de ta corres' ! PTDR ! ». Sauf qu'on ne disait pas PTDR quand j'étais au collège, c'est vrai. Mais revenons à Alison. Il faut entendre son mince filet de voix évanescent avec les cultissimes Young Marble Giants ou les plus obscurs Weekend, pour être convaincu que cette fille va aimanter votre sexe dès qu'elle ouvrira la bouche. Rien de sexy ou de chaleureux pour autant, on est plus dans le registre du frigidaire niouaive que de la vamp ou de la bomba latina, mais ces modulations vocales détachées invoquent une innocence désarmante qui vous met à genoux. Les plus sceptiques me diront qu'on ne baise pas une voix. Je répondrai qu'on a le droit de rêver un peu.
PJ Harvey
Certes sa musique est nulle, même si on peut sauver les EP des tout débuts (désolé de heurter les lecteurs des Inrocks et de Télérama), mais ce grand cheval à la pilosité exacerbée n'en reste pas moins franchement désirable. Il faut l'avoir vu une fois dans sa vie agiter son bassin pour comprendre qu'une brune qui sue et qui braille peut susciter un émoi sexuel très vif. De là à épouser une portugaise, il n'y a qu'un pas me direz-vous. Je vous laisse l'entière responsabilité de cette interprétation à caractère franchement raciste, voire xénophobe (et vice-versa).
Irrécupérable
Exception qui confirme la règle : Kim Deal, grosse mocheté des Pixies (oui, rappelez-vous, les Pixies, j'ai presque honte d'en parler tellement c'est ringue). Et bien cette femme, non contente de (très mal) jouer de la basse dans un groupe qui a aussi bien vieilli que Téléphone, ferait débander n'importe quel baudet sevré de saillie depuis 6 mois. D'ailleurs je pense que c'est un homme, et un homme moche qui plus outre.
Et non... je ne parlerai pas de Kim Gordon de Sonic Youth. Faut pas déconner, on est pas des crèves-la-baise non plus (quoique).
Et puis le Thin White Plouc s'en revient de la grosse commission. Il me lâche, plongeant fébrilement sa main dans le seau de pilons de poulet graisseux, « leur putain de lavabo était out of order, j'ai pas pu me laver les mains... enfin c'est pas grave, on est entre nous ».
Ok...
